Partager l'article ! Le Négationnisme: Des tueurs déterminés Eté 1941. Les troupes allemandes s’enfoncent sans résistanc ...
Des tueurs déterminés
Eté 1941. Les troupes allemandes s’enfoncent sans résistance significative en Union Soviétique. C’est la perspective pour Hitler de millions de juifs supplémentaires dans les frontières de son
nouveau Reich, et cette idée le révulse. Déjà en butte aux récriminations incessantes de Franck, le gouverneur de la Pologne, sur la surpopulation juive dont son territoire est affecté, il est
désireux de trouver une solution définitive au problème. Il s’en ouvre à Goering et envisage avec lui les moyens de le régler, pourquoi pas par une élimination physique pure et
simple de la sous-humanité en question. Ce dernier est réticent. Il préférerait pour sa part une mesure de déportation visant à mettre la main d’œuvre juive au service du Reich, pour construire
par exemple les routes qui manquent tant dans les territoires nouvellement conquis. Les deux hommes en débattent et le Maréchal de l’air promet en quittant le Führer de réfléchir à la
" solution finale de la question juive ", puis délègue le travail à Heydrich par courrier du 31 juillet 1941. L’adjoint de Himmler, réputé pour son efficacité et son fanatisme, mais
qui mesure l’ampleur de la tâche, va trouver dans les initiatives prises par ses collègues sur le terrain une piste à exploiter.
En effet, début septembre, après deux mois de promenade militaire, les troupes qui se dirigent vers Moscou commencent d’éprouver cruellement, dans les plaines d’Ukraine, la toute nouvelle
détermination de l’armée rouge et des partisans. C’est à ce moment que les commandos SS chargés de sécuriser les arrières du front, en y semant la terreur, franchissent un degré dans la
sauvagerie en déclenchant l’apocalypse sur les populations juives autochtones. Celles-ci sont rassemblées et exterminées systématiquement, sur tout le territoire conquis. Dans les ravins de
Babi Yar a lieu une des plus grandes boucheries humaines de tous les temps : 33.000 juifs de Kiev y sont fusillés les 29 et 30 septembre. Deux jours pendant lesquels les tueurs pataugent
dans le sang et les débris de cervelle humaine. Heydrich jubile : le problème qu’on lui a soumis est en train de se résoudre par lui-même. Et c’est évidemment dans ce sens, pour lui, que
doit aller la Solution Finale. Mais en le rationalisant.
En quelques semaines, Il met au point un plan combinant les visées exterminatrices de Hitler, et les préoccupations économiques de Goering. Il s’agit de déporter tous les juifs d’Europe vers
des camps situés en Pologne où les personnes valides seront brutalement asservies et les autres aussitôt exterminées. Une réunion de notables organisée en banlieue de Berlin le 20 janvier 1942
entérine ce monstrueux projet. Le meurtre de masse le mieux prémédité et le mieux organisé de l’histoire de l’humanité peut commencer.
Le " traitement spécial " à réserver aux inaptes fait l’objet de tests pendant quelques semaines, afin de trouver le procédé d’exécution collective le plus rapide et le moins
traumatisant pour les tueurs. C’est la mort par asphyxie qui est choisie, comme celle qu’ont subie les 70.000 malades mentaux déjà " traités " dans le Reich. Les déportations massives
commencent alors d’être mises en œuvre dans toute l’Europe. Leur destination est la Pologne où sont installés les camps de travail et les centres de tuerie. L’histoire de ces derniers fut
évolutive, faisant succéder à une période de mise au point une période d’exploitation quasi-industrielle. Et cette histoire fut diverse.
Chacun des centres eut des circonstances propres tenant à sa création, à son évolution, à son fonctionnement, et à sa fermeture. Chelmno, le centre pionnier, fonctionnait exclusivement avec des
camions auto-alimentés en gaz d’échappement. Treblinka, Belzec et Sobibor furent créés spécifiquement pour liquider la population juive de Pologne, et fermèrent en 1943 après que celle-ci eut
dûment disparu. Le premier fonctionnait avec des chambres à gaz alimentées par des moteurs de tanks, et les deux autres également avec des camions auto-alimentés. Le centre de tuerie
d’Auschwitz fut quant à lui une annexe du gigantesque camp principal, et fonctionnait avec le gaz d’épouillage. Les gazages y cessèrent en novembre 1944, sur ordre d’Himmler. Maidanek, qui
comme Auschwitz n’était pas spécifiquement un centre de tuerie, a connu plusieurs formes d’exécution de masse, y compris des fusillades. Lorsqu’il ferma, en janvier 1945, 2.700.000 juifs
étaient morts gazés en Pologne.
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